Conseillère diplomatique d’IBK (pendant deux mois) avant d’être nommée ministre des Affaires étrangères, Kamissa Camara, 35 ans, est appelée à prendre les reines des questions d’ordre diplomatique du Mali. Née en France, elle a passé par les États-Unis. Cette ancienne analyste était peu connue du public malien. Elle est  Franco-Américano-Malienne, elle n’aurait pas occupé un poste dans une administration étatique. Ceci est un défi qu’elle doit relever. Cette novice dans l’arène du gouvernement malien, nous pouvons dire que le président a pris un risque en la choisissant. Le Mali d’aujourd’hui est loin d’être un pays normal. La vie politique malienne est hors du commun. La diplomatie malienne doit être compétente pour prendre à bras le corps les préoccupations des maliens. Être toujours dans les avions n’est pas une preuve de l’engagement d’un ministre. Il faut être parfois, à tête reposée, avec les dossiers du pays.

Dans une interview qu’elle a accordée à Jeune Afrique, elle répond à la question pourquoi avoir accepté d’être ministre des Affaires étrangères tandis qu’elle avait critiqué par le passé le président IBK. Elle répond en disant: “En tant qu’analyste politique, j’ai critiqué le président lorsque je pensais que certaines de ses positions étaient critiquables, et je l’ai défendu lorsque je pensais que cela était approprié. J’ai été plutôt équilibrée dans mes prises de position sur le Mali. Je me devais de donner mon avis sur certains sujets d’actualité dans mon pays. J’ai accepté de servir le Mali puisque je suis une patriote convaincue. C’est un honneur de pouvoir le servir à un tel niveau. Je ne pouvais pas ne pas accepter cette proposition.

Il faut noter que Kamissa Camara n’est pas la première à critiquer IBK puis à se retrouver dans le gouvernement. Amadou Koïta, ministre de la jeunesse, est un exemple frappant. Il avait critiqué IBK sur tous les toits où il pouvait. Aujourd’hui dans le gouvernement tout en jouissant du beurre, il est l’un des défendeurs avérés d’IBK, et même sur du faux. Le portefeuille ministères des affaires étrangères va alourdir le CV de la demoiselle aux trois nationalités. Elle ne pouvait pas ne pas accepter en réalité.

Yacouba Dao