MAIMOUNA TRAORE, Première femme journaliste de la presse écrite privée au Mali
Née en 1957 à Bamako, maïmouna Traoré est la pionnière de la presse écrite privée au mali depuis les années 1990. C’est une dame aux fortes convictions. Citoyenne engagée, elle a mené un combat sans relâche pour la promotion des droits de la malienne à travers “NYeLeNI magazine” qui traite de la Femme, de l’environnement et du Développement. maï mouna Traoré est incontestablement une femme qui a fait ses preuves dans la presse privée des années 90, fer de lance de la démocratisation au mali avec le journal “aUrOre”. en ce mois de la femme, nous avons décidé de faire un zoom sur elle pour la nouvelle génération de journalistes.
Fondatrice et Directrice de la Publica tion de «NYELENI Magazine», Maï mouna Traoré est la première Malienne à avoir embrassé la presse écrite privée juste après l’obtention de son diplôme «Master of art in Journalism» (DEa/Di plôme d’Etudes approfondies) en 1988 à la faculté internationale de journa lisme de l’Université d’Etat de la Biélo russie (Ex Union soviétique). Elle a d’abord fait un stage à l’ORTM de 1988 à 1989. Et c’est en fin 1989 que, avec deux autres jeunes diplômés que sont Sadou abdoulaye Yattara et le regretté Chouaïdou Traoré (soutenus par un avocat chevronné et un amoureux de la presse), qu’elle crée le journal hebdo madaire d’information générale «aU RORE». Un organe qui, après Les Echos, deviendra le deuxième journal privé du Mali, mais le premier crée par de jeunes diplômés. a noter que le troi sième journal était «La Roue» qui re naissait quelques mois après, de ses cendres.
Co-fondatrice, elle est nommée rédac trice en chef adjointe, puis Directrice déléguée dudit journal. Non satisfaite de la couverture des activités liées aux femmes et à leur promotion, elle crée en 1992, «NYELENI Magazine» pour mieux défendre leurs droits et valoriser leur travail qui contribue quotidienne ment au développement de ce pays.
«Le choix du titre n’est pas fortuit, Nié léni est tiré du patrimoine bamanan. C’est une brave femme qui est considé rée comme la championne des travaux champêtres. En donnant ce titre au ma gazine, c’est une façon de montrer que la femme malienne se bat depuis long temps. En mettant exprès un Y à la place du I, c’était une façon de faire la différence entre le prénom habituel et le magazine. Mais finalement, c’est Nye leni (avec Y) qui est devenu la meilleure orthographe. Nous sommes donc fiers d’avoir introduit une orthographe pré cise», explique la doyenne pour justifier le choix du titre.
Une brillante carrière
dans les ONG et aux
Nations Unies
Parallèlement à son
travail dans ces deux
organes, elle travaillait
à mi-temps comme
journaliste à World Vi
sion International à Ba
mako, de 1995-1996.
Elle fût aussi corres
pondante de presse du
système francophone
d’information agricole
(SYFIa) au Mali et au Tchad de 1996 à 2002. C’est en fin 1996, qu’elle a rejoint son mari au Tchad où elle a travaillé dans le journal «Observateur» comme coordinatrice de la rédaction de 1997 à 1998, Secrétaire de rédaction et pré sentatrice du journal parlé à la Radio «FM Liberté» une radio des associa tions de défense des droits de l’Homme. Dans le même pays, Maï mouna fut aussi assistante du président de l’association «Jeunesse anti cli vage».
En 2005, elle a commencé sa carrière dans le système des Nations Unies, d’abord comme chargée de communi cation d’un projet phare du PNUD à Bu jumbura (Burundi), le Programme d’appui à la Réintégration, Réinsertion et Réhabilitation des Sinistré et Lutte contre la Pauvreté (PRRRSLP) jusqu’en 2007.
En 2008, elle est retournée au Burundi, dans le cadre de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies, précisé ment au Bureau Intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB). Elle y était chargée de l’information publique, spé cialement dans le renforcement des ca pacités des journalistes. Quatre ans après, dans le cadre de la même mis sion, elle est envoyée en République Démocratique du Congo (RDC), dans la Mission de l’Organisation des Na tions Unies pour la Stabilisation au Congo (MONUSCO). Et toujours comme chargée de l’information pu
blique. Là, elle fera trois villes, Kins hasa, la capitale, Matadi dans le Kongo central, et Goma à l’Est.
après avoir pris sa retraite aux Nations Unies, Maïmouna Traoré est revenue à ses anciennes amours et continue de faire la promotion et la défense des droits de la Femme à travers «NYE LENI Magazine» qui a aussi son site web et ce, depuis 2014 (www.nyeleni magazine.org). Elle encadre aussi un groupe de femmes réunies au sein de l’association pour l’autonomisation des femmes en milieu rural et urbain dé nommée aFaRMU. Maïmouna est aussi Consultante en communication.
Et cette pionnière très engagée conti nue toujours d’apprendre. ainsi, de 2017 à 2018, elle a fait des études sur le Genre et obtenu un Certificat d’études avancées en Genre et Déve loppement de l’Institut des Hautes Etudes internationales et du Dévelop pement de Genève, en Suisse.
Maïmouna Traoré a participé à plu sieurs autres formations profession nelles un peu partout dans le monde. Mariée et mère de six filles, cette dé vouée Nyeleni de la presse privée parle un peu l’arabe tchadien, moyennement l’anglais et couramment le bambara, le français et le russe. Une vraie poly glotte qui ne manque pas de corde à son arc pour défendre ses convictions et le genre !