S
itué à environ 500 km de Bamako, dans la région de Sikasso, cercle de Yorosso et commune de Koury, les femmes de Tandio sont de plus en plus engagées dans les activités génératrices de revenus, et surtout la culture du tabac dans cette période après hivernage. Cela leur permet de faciliter l’accès aux services sociaux de base.
Tandio, un village connu dans la commune de Koury pour son engagement, là-bas il n’est pas rare de voir les femmes avec des arrosoirs, des semences, des dabas et autres outils pour faire des activités qui peuvent les apporter des revenus. Après l’hivernage, pendant lequel elles cultivent le riz dans la plaine qui se trouve dans le sud du village, elles s’adonnent à la culture du tabac autant que les hommes. Il faut noter que les réticences des hommes face aux activités génératrices de revenus des femmes se réduisent. Car, tous comprennent que tous peuvent contribuer au bonheur de tous.
Après l’hivernage vient l’été, donc il faut aussi faire des activités pour se faire des revenus, d’où les activités contre saison. Le tabac se paie apparemment bien même si parfois les prix baissent. Mais cette insécurité semble nuire à cette initiative villageoise. Tout compte fait c’est mieux que rien. Les revenus générés par les femmes servent non seulement à gérer des dépenses d’ordre féminin, mais aussi ils servent aussi à faire des dépenses des enfants, et aussi changer le goût de la sauce, car dans les milieux reculés, il n’y a pas toujours de frais de condiments pour la femme. Tout ce qu’on achète en ville peut être cultivé au village. On n’est pas habitué à donner tous les jours 1000 ou 2000 FCfa. Car, il faut aussi ajouter que les revenus ne peuvent pas le supporter.
Pour cultiver le tabac, il faut faire la pépinière qui sera plantée dans une parcelle avec un puits. Ce puits sert à arroser les plantes car en période de printemps, il n’y a pas de pluie. Les plantes sont arrosées chaque jour matin et soir. Au bout d’un mois, les plantes sont arrivées à terme et les feuilles sont coupées. Les feuilles coupées sont séchées et vendues. A cette activité de tabac, ajoutons, la culture des légumes (oignons, laitues, choux, gombos, etc.) par les femmes.
Les femmes cultivent le tabac mais ne sont pas consommatrices. On constate que l’activité choisie est relative à sa rentabilité financière. On pense que la culture des choux ou de la salade apporte peu en termes de dividende économique. Par ailleurs, il faut noter qu’au-delà de Tandio, les femmes rurales sont de plus en plus engagées dans des activités génératrices de revenus.
Yacouba Dao