Halte aux discours sans effet
Le Mali à l’instar des autres nations du monde a célébré la femme ce mardi 8 mars 2022. Cet évènement historique intitulé Journée internationale de la femme (JIF) a été commémoré au plan national sous le signe « Rôle et place de la femme dans la refondation du Mali ». Il s’agit pour les autorités de la transition de magnifier l’esprit du patriotisme qui anime en ces moments les maliens. Cependant, fidèle au respect des engagements pris à l’international, la célébration a également pris en compte le thème retenu mondialement : « l’égalité aujourd’hui pour un avenir durable ». Pour la circonstance, la cérémonie de lancement des activités placée sous la haute présidence du Colonel Assimi Goïta, s’est transformée au boulevard de l’indépendance. A ce titre, tout le mois de mars sera mis à profit par les femmes du Mali pour organiser des activités s’inscrivant dans cette mouvance de la commémoration. Une perpétuelle routine marquée par des activités surtout folkloriques. Le choix de ce lieu, symbole de souveraineté, n’est pas fortuit. Il est en phase avec les réalités du moment où les autorités de la transition entendent faire afficher le Mali en tant qu’une nation souveraine et indépendante, libre de ses engagements vis-à-vis d’un autre État du monde. Au Mali, la commission d’organisation entend saisir cette occasion pour faire un plaidoyer de haut niveau à l’endroit des décideurs, des leaders d’opinion et des Partenaires Techniques et Financiers à soutenir davantage les initiatives des femmes allant dans le sens de la refondation. L’autre objectif est de sensibiliser les femmes sur l’importance de l’adoption des valeurs sociétales comme la citoyenneté, le civisme et le patriotisme et de sensibiliser la population sur l’importance de la prise en compte du genre dans le développement socioéconomique et politique du pays comme principe de bonne gouvernance. Pourtant la Journée internationale des droits des femmes est une date charnière du calendrier féministe, dont l’objectif est de dénoncer les discriminations, les inégalités et les violences vécues par les femmes. Il s’agit d’un moment propice à la réflexion et à la recherche de solutions visant à améliorer la condition de chacune des femmes, tout en soulignant le chemin parcouru. En effet, cette journée spéciale puise ses racines dans diverses manifestations de femmes, dont les luttes ouvrières pour le suffrage universel féminin, en Amérique du Nord et en Europe au tout début du 20e siècle. À cette époque, le monde industrialisé connaît de grands changements, notamment sur les plans de la croissance démographique et des idéologies radicales. La « véritable» origine du 8 serait principalement marquée par deux faits historiques: le Woman’s Day en Amérique et la Journée des femmes en Europe. En 1910, l’Internationale socialiste réunie à Copenhague, au Danemark, décide d’instaurer une Journée des femmes pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour favoriser l’obtention du suffrage universel pour les femmes. En 1977, l’Organisation des Nations Unies (ONU) adopte une résolution pour inviter chaque pays de la planète à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Le «8 mars » est ainsi devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays. En Afrique, les discours d’émancipation continuent sans produire de véritables effets sur la vie des femmes, surtout celles qui vivent en milieu rural. Généralement, des politiques s’accaparent de cet évènement pour instrumentaliser les femmes. Les femmes sont toujours victimes des violences sous toutes les formes surtout dans les zones de conflit. De 2012 à nos jours, des centaines de femmes. Elles sont battues, violées, stigmatisées et souvent assassinées. Or, la femme est sans nul doute la MERE du monde, qui se trouve au cœur de tout processus de développement. Des semblantes voix se lèvent à tout moment pour dénoncer les abus et atteintes faites aux femmes, mais les résultats demeurent insuffisants. Dans ce combat de restaurer la dignité de la femme, le monde a du chemin à faire.
LDP