Avec la banalisation du mariage que nous connaissons de nos jours, nous avons rencontré le vieux sage Kanouté. Il nous a livré ses avis sur le mariage et des raisons qui provoquent le divorce.

Femme 2000 : M. Kanouté, qu’est-ce que le mariage ?

M. Kanouté : Le mariage est l’union sacrée de deux sexes opposés (homme, femme). Sans amour, il n’y a pas de vie. Donc, aimer c’est regarder l’un, l’autre dans la même direction en partageant les mêmes idéaux tout en acceptant le pire et le meilleur qui servent de levain de vie.

Femme 2000 : Comment choisir sa femme ?

M. Kanouté : Le choix d’une femme, d’un homme peut être doctrinal en acceptant les préceptes des livres saints (Coran, Bible, …). Attention au dogme qui peut compliquer le choix dans nos valeurs sociétales. C’est vouloir une femme soumise, dévouée à une seule cause : « servir le mari ».

Le choix d’une femme peut être scientifique. Ce choix tiendra compte de sa physiologie et de son étude psychologique. L’homme et la femme doivent avoir le même niveau de vie, d’éveil, même s’ils n’ont pas le même niveau d’instruction. L’égalité en droits et en devoirs est une nécessité impérieuse pour l’équilibre dans la société au point de vue civique, social et économique voire politique. A défaut, la femme sera asservie de la société qu’elle doit bâtir autant que l’homme.

Son savoir-faire doit être partagé entre sa famille pour s’étendre à toute la société qu’elle doit conforter, réguler et adoucir  de son charme.

Aujourd’hui, le choix n’est pas libertin, il est endogamique, coutumier tenant compte des superstitions. Les moyens financiers et matériels dominent le choix. Or les vertus cardinales sociales, humaines demeurent les critères valables. Les valeurs humaines ne sont pas dans le corps physique mais dans la tête.

Le code malien du mariage n’évolue pas avec le temps. Il doit suivre le rythme du temps et se conformer au métissage culturel. L’éveil et la modernité n’ont pas d’âge. Ils conviennent aux jeunes et aux vieux. Nos critères doivent être basés sur notre culture, nos traditions et coutumes. Ne singeons pas l’occident. Avons-nous une référence ?

Femme 2000 : Comment choisir son homme ?

M. Kanouté : L’homme doit être choisi en fonction du travail qu’il accomplit avec honneur familial. Le choix doit être libre et indépendant. L’homme doit avoir de la probité morale et une conscience professionnelle élevée. L’homme est le professeur de la famille, le commandeur. Sa qualité doit être la sévère douceur et avoir le respect de la parole donnée qui honore, nous donne de la dignité d’homme intègre. Il doit responsabiliser la femme pour qu’elle puisse s’affirmer et s’épanouir intellectuellement, socialement et civiquement. Il doit respect au corps et à la féminité de la femme. La maltraitance de la femme crée des tares et des séquelles chez les enfants en miniature.

Femme 2000 : Quelles qualités possède la femme ?

M. Kanouté : Elle est intuitive, peut lire facilement dans le cœur des gens. Son charme et sa beauté corporelle sont ses armes de séduction, de conquête. Aux premières heures du mariage, c’est l’amour captatif qui est éphémère, plein d’illusion, c’est la période test.

A cinq (5) de mariage, l’amour devient de convenance, de raison, d’entretien mutuel dans le respect des droits fondamentaux, sortir de la cellule familiale et côtoyer les proches ; car c’est à travers mon prochain que je gagne la Paradis. C’est l’humanisme.

Femme 2000 : Et les défauts de la femme ?

M. Kanouté : Un adage dit : « la femme est un bijou dont il ne faut jamais tenir. » La femme est indulgente, impulsive, versatile, passionnelle. Tout être qui allaite est très sensible et plein de pitié. Un autre adage dit : «  la femme change d’opinion 61 fois en 24 heures. »

La femme est complémentaire, il n’y a pas de vie sans elle. Elle est notre chère moitié. Donc, instruisons les femmes, responsabilisons-les pour harmoniser la société pour la vivifier afin qu’il y ait la paix et la concorde.

Femme 2000 : l’homme aussi a des défauts, que sont-ils ?

M. Kanouté : Contrairement à la femme, l’homme est exigeant, il veut gagner vite sa conquête. Un bon chef de famille doit pratiquer la douce sévère. Il doit tenir à sa parole donnée et aux promesses. Il doit être décisif, ne pas céder aux diktats ni au charme de sa femme.Un homme qui est trop indulgent aura une famille matrimoniale où la femme va dominer son mari par sa féminité et son charme et humeurs.

Femme 2000 : selon vous, qu’est-ce qui provoque le divorce ?

M. Kanouté : Le manque d’éducation sexuelle et la scolarisation des enfants font défaut. Le non-respect de la législation en la matière est incohérent. La non moralisation de la vie familiale et sociétale détruit les vertus qui doivent vivifier l’atmosphère dans le foyer. La famille traditionnelle n’est plus d’actualité comme la grande famille d’antan. Ce qui était valable dans le paysannat n’est pas concordant dans les cités qui n’ont pas de référence. Avec tous ces facteurs, rien ne peut empêcher le divorce. Avec les divorces, il n’y aura que des familles consommatrices, mondaines sans amour paternel, maternel et filial. Le gain matériel règnera en maître.

Femme 2000 : Quelle est la responsabilité de l’état dans la multiplication du divorce ?

M. Kanouté :L’état est un agent causal. La mauvaise gouvernance, la débrouillardise des citoyens à la recherche des gains illicites dus au manque à gagner et des bas salaires ont apporté la vente corporelle et de la dignité des couples. Les médias (publiques et privées) sont plus lucratifs qu’instructives des masses populaires en vue de les éveiller pour moraliser et conscientiser la vie publique. A ces vices s’ajoutent les images pornographiques. La famille est le lieu de libertinage et de liberticide. L’état incapable et coupable ne contrôle rien. Le tissu social est détruit.

La famille est la première école de la conception jusqu’à l’adolescence. L’enfant est le fruit du mariage qui détruit l’amour captif pour l’amour de convenance. Dans le concept religieux, le mariage est pour ici et dans l’au-delà. Sauver le foyer c’est sauver sa vie dans le présent et le futur. Les conjoints sont tenus responsables de l’avenir des enfants.

Chaque famille doit avoir un esprit familial pour diligenter une idéologie, faire vivifier l’instruction et l’éducation. N’y a-t-il pas que des familles consommatrices, des besoins nutritionnels ? La mauvaise utilisation des médias et des téléphones ont remplacé le livre sans lequel il n’y a pas d’instruction. Les médias avec la soif du gain illicite ont produit des corrompus et des corrupteurs détruisant ainsi les couches vulnérables. La jeunesse sacrifiée et les vieux nostalgiques ont décimé le tissu social. Eduquons et rééduquons les femmes, une femme, un toit. O Papa et Maman coupables ! Soyez dignes de votre serment à la mairie.

Femme 2000 : Merci M. Kanouté.

M. Kanouté : C’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis par Yacouba Dao