En Afrique et particulièrement au Mali, les filles en milieu rural partent en ville à la recherche de leurs trousseaux ou du mieux-vivre. Elles travaillent en tant qu’aide-ménagères communément appelé « bonnes ». Elles aident les femmes de ménage et sont souvent victimes d’abus de toute sorte.
Comme le nom l’indique, les aide-ménagères aident les femmes dans les travaux domestiques. Elles sont beaucoup actives dans les grandes villes. Elles quittent les villages pour travailler en ville afin d’avoir leurs trousseaux pour le mariage ou avoir d’autres meilleures conditions de vie.
Il faut savoir qu’à leur arrivée en ville, certaines des familles d’accueil ne les accordent pas un accueil chaleureux. Elles sont des bonnes et sont ainsi traitées. Elles sont souvent accueillies par des proches qui leur donnent du travail. Malheureusement pour elles, certaines familles d’accueil abusent d’elles, une exploitation économique. Ces aide-ménagères deviennent ainsi des sources de revenue. Lorsqu’elles sont payées, les tuteurs (qui sont pour la plupart des cas des femmes), s’accaparent de leurs salaires. Elles sont aussi victimes du non-paiement des salaires par leurs employés. Pour la plupart des cas, elles n’ont pas de jour de repos, les salaires sont bas et aussi il faut ajouter la maltraitance.
Ces aide-ménagères sont parfois victimes d’abus sexuels. Elles sont abusées par les maris (des patronnes) qui voient en elles une opportunité sexuelle à saisir. Pour les avoir, monsieur utilise soit la menace ou l’argent. Sur ce plan, il faut savoir que certains maris ne sont pas à culpabiliser mais on condamne l’acte qu’ils peuvent commettre. La paresse, l’incompétence féminine et l’orgueil de certaines femmes mariées sont souvent la cause. C’est la « bonne » qui s’occupe de tout, même parfois faire le lit de l’homme. Autrement dit, elle est bonne à tout.
Disons-le franchement, les hommes sont attirés par les femmes qui s’occupent d’eux. Laisser tout à la « bonne » qui, parfois, est en position de séduction, c’est vivre sa vie de couple par procuration.
Ces filles abusées sexuellement par les maris de leurs patronnes font le mutisme de peur de perdre leur emploi. Et aussi, tout n’est pas que cela. Prendre l’homme de la patronne est l’objectif de certaines bonnes. Ne voulant plus la vie en campagne, elles montent des stratégies de séduction pour coiffer leur patronne. Selon Mme Souadou, femme active et gérante d’un centre de formation à Baguineda, certaines « bonnes » viendraient en ville avec des produits d’envoûtement. Elles mettraient ainsi dans la sauce pour envouter les hommes à les prendre en mariage, surtout les maris de leurs patronnes. Donc, la vigilance doit être de mise pour toutes les patronnes qui veulent garder leurs hommes.
Les aventures sexuelles qui se soldent par des grossesses ne sont pas sans conséquences. De peur d’une humiliation ou d’un rejet familial, ces filles décident de se débarrasser de l’enfant. C’est la raison pour laquelle vous pouvez trouver des bébés dans des fossés, des puits ou même dans des WC. Certaines d’entre elles sont en prison à Bollé.
Une autre réalité qui fait mal au cœur est aussi le fait que certaines filles sont des bonnes sexuelles. Elles sont employées par des grandes dames pour faire la prostitution et reçoit en retour un salaire. Faites un tour dans les bars de Bamako pour en savoir plus. Elles ne sont pas toutes employées sexuelles, certaines sont elles-mêmes leurs propres patronnes. Elles travaillent la journée en tant qu’aide-ménagères et pendant la nuit en tant que prostituées.
Faut-il le dire, les élèves filles font les aide-ménagères pendant les vacances. Il n’est pas rare de voir certaines abandonner l’école pour ces activités. Cela constitue une plaie contre l’éducation des filles. Certaines d’entre elles seraient découragées par leurs patronnes sous prétexte qu’elles n’ont pas le niveau requis pour étudier. Ces patronnes s’expriment comme si elles sont des experts pédagogues en la matière.
Il y a lieu de travailler plus sur ces agissements qui sabotent la dignité de la femme. La femme d’aujourd’hui a tendance à être un instrument sexuel sur tous les plans et à différents niveaux. La femme vaut plus que ça. Il faut l’éduquer et la responsabiliser. C’est de là qu’elle pourra servir l’humanité.
Yacouba Dao