(Une histoire basée sur des faits réels – Partie 2)

Seize ans, l’âge des rêves, mais pour FD, ce fut l’âge du basculement. Dans la chaleur écrasante du Khasso, son destin venait d’être scellé.

Sa beauté fascinait. Sa peau couleur de miel, ses yeux lumineux, son rire cristallin… tout en elle attirait l’admiration, mais aussi la convoitise. Les prétendants se pressaient. OS fut le plus rusé. Il n’alla pas directement voir son père. Il gagna d’abord la confiance d’une tante respectée, sachant que sa voix pèserait plus lourd que toutes les promesses. Quelques jours suffirent, la décision tomba. FD deviendrait son épouse.

On lui annonça la nouvelle. Elle resta droite, impassible, pas une objection, pas une larme. Depuis l’enfance, on lui avait appris qu’une fille khassonké appartient d’abord à sa famille. Alors, elle dit oui, non par choix, mais par devoir.

Le jour des fiançailles, les tam-tams résonnaient, les chants s’élevaient, la cour débordait de joie. Sous son voile coloré, FD souriait mais derrière ce sourire, un adieu se glissait déjà, adieu à l’enfance, adieu aux rêves. Dans les yeux de son père brillait une fierté muette. Lui, pensait offrir un avenir. Elle savait qu’on venait de lui prendre le sien.

Cette nuit-là, seule sur sa natte, elle laissa couler ses premières larmes discrètes, de silence. FD entrait dans l’âge adulte, avec la dignité d’une reine sacrifiée.

Elle ignorait encore que ce mariage n’était pas une promesse, mais une épreuve. Car dans la maison d’OS, deux femmes l’attendaient déjà. Et aucune ne comptait partager.

(À suivre…)

Sane