Geneviève Zabré a honoré le Burkina et l’Afrique en étant la Lauréate du concours international de vulgarisation scientifique « Ma thèse en 180 secondes ». Elle a convaincu son auditoire ce 27 septembre 2018 dernier à Lausanne, en Suisse. Elle est physio-biologiste et passionnée de la recherche. Ce concours organisé par l’Agence universitaire de la francophonie dont elle a participé avec 18 autres participants de divers horizons, était l’occasion de convaincre en trois minutes le jury de l’apport des plantes fourragères d’acacia dans la lutte contre le méthane émis par les ruminants. Zabré est une pédagogue qui a pu faire le lien entre le mouton et le réchauffement climatique. A lire nos confrères qui étaient sur place, elle explique ceci : « Dans la panse du mouton, sont logées des bactéries méthanogènes que j’ai surnommé les petites bêtes. Ces petites bêtes fermentent les aliments lors de la digestion du mouton et sont à l’origine d’un gaz qui se libère dans l’atmosphère lorsqu’il rote. Une véritable bombe à retardement pour notre planète… Peut-on empêcher le mouton de roter ? Pas évident ! Comment faire ? Éliminer ces bactéries en utilisant nos plantes médicinales ».
Cette explication nous édifie sur l’amour et l’enthousiasme qu’a la scientifique pour le domaine qu’elle a choisi. La rhétorique et la pédagogie qu’elle possède est le fruit de longues années d’études et du fait aussi que son père est un moraliste. « Cela vient aussi un peu de mon enfance car mon père est un moraliste, a-t-elle dit. Il avait l’art de bien dire les choses au bon moment et à la bonne personne. Je me souviens qu’il avait dit qu’un chercheur est celui qui trouve tout le temps une solution face à un problème. Voilà un peu pourquoi j’ai aimé les chercheurs sans même connaître ce qu’ils faisaient exactement ».
Geneviève Zabré a eu le soutien de sa famille pour faire ses études. Née à Abobo en Côte d’Ivoire, elle y effectue son cycle primaire. Les études secondaires et supérieures au Burkina Faso, elle obtient sa licence licence en chimie biologie à l’université de Ouaga 1 et un Master professionnel en protection et amélioration des plantes. Sa thèse est sur la physiologie et santé animale et cette thèse a été entièrement financée par le programme tripartite Afrique-France-Brésil sur la lutte contre la désertification en Afrique », aurait-elle souligné à nos confrères sur place à l’occasion de l’évènement.
Zabré nous conseille d’être patients et d’être sincères dans le travail. Telles sont les valeurs humaines à adopter pour toute personne qui veut aller loin. Elle aime l’innovation et le partage des expériences, elle est formatrice d’anacarde à titre d’exemple. « J’encourage surtout les jeunes femmes à se lancer dans le domaine de la recherche », a-t-elle martelé. Zabré compte aller loin en se lançant dans une recherche postdoctorale.
La Thésarde zabré nous donne des conseils d’inspiration : « Aux jeunes, je dirais tout simplement que seul le travail paie. Il faut se montrer patient et travailler avec amour et sérénité. J’encourage surtout les jeunes femmes à se lancer dans le domaine de la recherche car ce n’est pas seulement un monde réservé aux hommes ».
Yacouba Dao