Mme Koura Keita : d’infirmière à Directrice

Elle s’appelle Madame Koura Keita, Directrice de l’INFSS annexe de Sikasso. Elle est une assistance en pédagogie et aussi assistante au grade des enseignants de l’enseignement supérieur. Elle gère toute une école avec du personnel composé d’hommes et de femmes. Elle est devenue directrice par un coup de chance selon ses mots. Dévouée, elle n’avait pas aimé l’enseignement, mais grâce à l’encouragement de son père, elle emboita les pas de ce dernier qui fut enseignant

Infirmière d’état de formation, la courageuse directrice a d’abord servi à Koro en tant que chef médical pendant une année. Elle fit le concours de la fonction publique et est admise, et ce, elle fut immédiatement affectée à l’INFSS de Bamako là où elle passa 8 ans. Elle a enseigné les travaux pratiques en médecine, la chirurgie et le secourisme. Elle a assuré la gestion des stocks. Sa formation en pédagogie au Sénégal sur l’approche par compétence et les stratégies d’enseignement et celle effectuée au Canada l’ont beaucoup aidé dans son service. À l’entendre, elle n’était pas préparée psychologiquement pour l’enseignement. Sa réflexion était plutôt guidée vers les malades au lieu d’être dans une salle de classe pour enseigner. « Mon père se plaignait toujours du salaire des enseignants, puisque je voyais cela, je m’étais dit que les agents de santé sont dans de meilleurs conditions que les enseignants, ceci m’a révolté contre l’enseignement. » Dit-elle. Sa réaction n’a pas été du goût de son père qui a souhaité qu’elle fasse sa carrière dans l’enseignement.  Il estime que l’enseignement est le métier le plus noble. Elle avait cherché à quitter mais elle n’a pas pu. Dieu avait déjà décidé ce qui était bon pour elle. 

Aujourd’hui, elle ne regrette pas. Sa crainte était de ne pas être psychologiquement prête pour enseigner. Elle se retrouve à Sikasso suite à une demande de rapprochement de conjoint. Arrivée à Sikasso, elle obtient une promotion et devient ensuite la directrice de l’INFSS annexe de Sikasso. Avant d’être directrice, elle a dispensé des cours en soins infirmiers de base en médecine et en chirurgie dans ce même établissement. Vu la gestion atroce de la direction, elle a octroyé ses heures à d’autres chargés de cours de l’école pour un temps en espérant reprendre.

Elle ne manque pas de demander des conseils auprès des aînés et autres chefs de service pour avoir d’autres idées de bonne gestion. En matière de la promotion de la femme, elle soutient la scolarisation des filles et demande aux parents d’avoir plus de considération pour la scolarisation des filles. En matière d’emploi, elle encourage les personnes en chômage de ne pas attendre les offres d’emploi de l’état. Il faut taper à d’autres portes. Il faut dire que l’école de notre directrice bénéficie d’un projet du nom « Force OKP » qui vise à renforcer la qualité de l’enseignement dans les écoles privées de santé. 

Les femmes sont à encourager à apporter leur pierre pour la construction de l’édifice nationale. Madame la directrice est un exemple à copier. Bon vent à elle.

Yacouba Dao