Quand les femmes portent l’avenir du Mali
Le Mali peut réformer ses institutions, changer ses lois, refonder ses constitutions mais sans les femmes, les enfants et la famille au cœur du projet, il bâtira sur du sable.
Un constat implacable
Les États généraux tenus à Bamako en septembre 2025 l’ont rappelé avec force. Pendant plusieurs jours, responsables politiques, associations féminines, leaders religieux et traditionnels, société civile et partenaires internationaux ont dressé un constat sans complaisance : derrière les lois et les discours, les femmes continuent de subir la violence, les enfants demeurent les premières victimes des crises, et la famille malienne, pilier de notre société, vacille sous le poids des conflits, de la pauvreté et des inégalités.
« Donner aux femmes et aux enfants la place qu’ils méritent, ce n’est pas un geste de compassion : c’est une condition de survie nationale. »
Des promesses à transformer en actes
Ces assises ont aussi donné à voir une autre image : celle d’une société malienne décidée à transformer ses fractures en leviers.
Budgétisation sensible au genre, sécurisation de l’accès des femmes à la terre, centres pour enfants vulnérables, “école des maris”, ou encore la proposition de faire de 2027 l’“Année de la Femme, de l’Enfant et de la Famille”… autant de signaux d’une volonté de changement.
Un point de départ, pas un aboutissement
Les leçons de l’histoire nous obligent à la prudence. Combien de belles résolutions sont restées lettres mortes, faute de moyens, de volonté ou de suivi ? Combien de fois les voix des femmes ont-elles été instrumentalisées pour servir des agendas politiques ?
C’est pourquoi ces États généraux doivent être compris non pas comme un aboutissement, mais comme un point de départ. Ils n’ont de sens que s’ils débouchent sur des actions concrètes, mesurables et suivies. Les femmes et les enfants du Mali n’ont plus le luxe d’attendre.
Sans elles et sans eux, le Mali se reconstruit sur du sable ; avec elles et avec eux, il se dresse comme une forteresse.
Sane