Entre pression sociale, dépenses imposées et traditions mal digérées, des femmes s’épuisent en silence. Ce qui devrait rassembler les divise parfois. Et si on osait repenser nos pratiques culturelles ?

Chère sœur, il est temps de parler.

Combien de fois as-tu participé à une cérémonie avec le cœur serré ?
Combien de fois as-tu accepté de porter un uniforme que tu ne pouvais pas te permettre, de contribuer à une collecte qui dépassait tes moyens ?

Et pourtant… tu as souri. Tu t’es forcée. Tu as voulu “être à la hauteur”.
Mais à quel prix ?

Ce que tu ressens, tu n’es pas seule à le vivre.
Beaucoup de femmes étouffent sous cette pression, en silence par peur d’être jugées, étiquetées d’égoïstes ou de radines, par loyauté ou encore par habitude.

Quand la solidarité devient un fardeau

Ce que l’on appelle “solidarité” devient parfois un piège.
Quand chaque mariage devient une charge,
Quand chaque baptême creuse l’endettement,
Quand chaque cérémonie impose des dépenses obligatoires : tenues, cotisations, participations fixes…

Ce n’est plus un geste d’amour,
C’est une violence douce, socialement acceptée mais profondément destructrice.
Et cette pression pèse surtout sur les femmes.
Celles qui veulent bien faire,
Celles qui prennent sur elles,
Celles qui s’endettent juste pour “être à la hauteur”.

Ta valeur ne se mesure ni à ta tenue, ni à ton enveloppe, ni à ce que tu montres devant la caméra.”

Mise en scène sociale : des griots et des caméras

Et à quel prix tout cela se fait-il ?
Des femmes qui pleurent en secret,
Des conflits dans les foyers à cause d’argent dépensé pour des apparences,
Des mères qui empruntent de l’or chez des amies pour compléter un trousseau, juste pour “faire comme les autres”.

Pire encore : ces cérémonies où des griots sont invités à chanter les noms des convives en direct.
Objectif : pousser les invitées à se lever, à jeter des billets pour éviter la honte, sous les regards et les caméras.
Une sorte de chantage déguisé… qu’on appelle pourtant “réussite” lorsqu’on visionne la vidéo plus tard.

Mais à quel coût humain ?

Dire non, c’est aussi s’aimer

Chère sœur, tu as le droit de dire non,
Tu as le droit de dire : “Je ne peux pas.”
Et cela ne fait pas de toi une mauvaise amie, une mauvaise voisine, ni une femme sans cœur.

Ta valeur n’est pas dans ta tenue,
Ni dans le montant de ton enveloppe,
Ni dans ton apparence sur une vidéo souvenir.

Et toi, qui organises…

Souviens-toi :
Une vraie fête, c’est celle où tout le monde se sent libre, respecté, à l’aise.
Pas celle qui oblige des femmes à s’endetter pour paraître heureuses.

Non, il ne s’agit pas de rejeter nos traditions.
Mais nous avons le devoir de les questionner, de les alléger, de les humaniser.

Redonnons un vrai sens à la solidarité

Soutenir, pas écraser,
Relier, pas exclure.

Parce que la vraie fête ne fait pas souffrir,
Parce que la vraie sororité ne juge pas, elle comprend,
Parce qu’une femme qui ose dire la vérité en libère des centaines.

Réveillons-nous, parlons et surtout agissons

Changeons cette culture ensemble, avec courage, bienveillance et amour.
Pour nous, pour nos filles, pour celles qui viendront après.

Sane