➢ Fin du Sponsor Obligatoire : La Libération des Investisseurs ?
Pendant des décennies, impossible de lancer son entreprise aux Émirats sans s’associer à un Émirati détenant la majorité des parts. Depuis 2021, le vent tourne : les étrangers peuvent enfin posséder 100 % de leur société dans la plupart des secteurs. Une ouverture qui séduit les capitaux, mais laisse quelques zones grises, notamment dans les activités jugées stratégiques.
➢ Kafala : Le Vieux Système a la Peau Dure
Malgré les promesses de réformes, le système de kafala — véritable pilier du modèle de travail migrant dans le Golfe — subsiste. Officiellement assoupli, il continue de piéger des milliers de travailleurs : passeports confisqués, salaires non versés, conditions de vie précaires. Les droits existent sur le papier, rarement dans la réalité.
➢ Réformes à Deux Vitesses : Entre Vitrine Moderne et Inégalités Profondes
Salaire minimum, contrats type, lois pour les domestiques… les annonces pleuvent. Mais l’application reste inégale. Trop de travailleurs ignorent encore leurs droits ou craignent de les revendiquer. Les efforts de modernisation semblent davantage pensés pour rassurer l’extérieur que pour protéger les plus faibles.
➢ Attirer l’Or, Ignorer l’Homme ?
Les Émirats avancent vers un modèle économique high-tech, ouvert et attractif pour les entrepreneurs du monde entier. Pourtant, derrière cette vitrine, le pays repose encore sur une main-d’œuvre étrangère bon marché et vulnérable. Le double standard demeure : libéralisation pour les investisseurs, servitude modernisée pour les travailleurs.
En résumé, les Émirats Arabes Unis orchestrent une mue économique habile, entre séduction internationale et contrôle social. Mais tant que le système de kafala ne sera pas aboli et les protections des travailleurs pleinement appliquées, cette révolution du travail restera incomplète.
Sane