« Fais ce tu peux faire pour gagner de l’argent et contribuer au développement de ta famille »

Mme Dicko  Hadizatou Ig Baltant Hade Dicko pour les intimes, l’élue à Gao entrepreneure, formatrice, commerçante. Une femme a plusieurs occupations, elle est à son second mandat à la mairie de Gao. Mme Hade Dicko  a joué un rôle très important dans la crise du nord en appelant ses autres sœurs à la cohésion sociale. Lors sa récente visite sur Bamako nous l’avons rencontré pour vous !

Femme 2000: comment se portent les maliennes du Nord aujourd’hui ?

Mme Hade Dicko : les maliennes du Nord se portent mieux aujourd’hui que dans le passé.  Il y’a un très grand changement que jadis car nous, les femmes nous ne sommes plus marginalisées, nous prenons part dans toutes les activités que nos autres sœurs du pays prennent part que ça soit à  l’interne où  à l’externe. Nous constatons que dans ces activités, nous évoluons au même titre que les maliennes du sud voire même les femmes d’autres pays.  Nos avis comptent aujourd’hui Dieu merci.  Mais j’avoue qu’il y’a un problème pour nos sœurs rurales, qui sont ignorées dans leur coin respectif. Il faut être dans le Mali profond pour voir que certaines femmes vivent dans des situations très précaires, j’en ai témoin car au moment de la crise j’étais voir ces femmes dans les brousses les plus reculées, elles souffrent, il y’en a qui n’ont même pas deux pagnes pour se changer. Et nous qui évoluons dans l’entreprenariat, nous avons besoins des moyens techniques et financiers pour élargir nos activités génératrices des revenus.

Nyéléni Magazine vous en tant que l’élue quelle analyse faites-vous de la situation du pays de nos jours ?

Femme 2000 : je pense que le pays avance, la situation s’est améliorée. Vous les hommes de média, vous en êtes  témoin. Donnons-nous la main, c’est pays est le nôtre, méfions-nous de ceux qui ne sont pas là pour cette cause. Éloignons nous des personnes démoniaques qui rodent autour de nous car ces esprits malsains sont là pour nous pousser l’irréparable. Que Dieu nous en préserve !

Par le passage je tiens à féliciter et encourager nos forces armées de sécurité, il faut être sur la scène pour voir comment ils sont debout sur les fronts à défendre l’honneur du peuple Malien et notre intégrité nationale. Ils peuvent faire des jours sans sommeil dans des conditions  inhumains, pour ce Mali ils sont prêts à tous. Ils méritent la reconnaissance de tout un peuple.

Femme 2000 : que pensez-vous de l’autonomisation des maliennes actuelles ?

Mme Hade Dicko : c’est vrai moi je suis une nordiste, mais j’ai fait beaucoup d’activité que vous ne pourraient pas imaginer. Je vends des plats  du sud comme le jouka, le tôt, des farris, les bissaps etc.  L’autonomisation veut dire pour moi travailler et aider nos maris, les femmes doivent se dire que tout ce qu’on peut faire et gagner de l’argent est une forme d’autonomisation. Les femmes doivent arrêter de  croiser les mains, « fais ce tu peux faire pour gagner de l’argent et contribuer au développement de ta famille». Ne pense pas que je vaille mieux que faire ce travail même si ton mari a l’argent, bats toi pour amener ta part dans la famille.

Femme 2000 : qu’est ce qui caractérise une Gaoise (une femme de Gao) ?

Mme Hade Dicko : l’éducation donne au sud et celle du nord est très différente car les femmes du sud sont apprises depuis l’enfance à travailler avec leur maman que ça soit à la maison où au dehors. Les sudistes ont leur liberté, elles font beaucoup des choses par elles même sans l’avis ni la permission de qui que ça soit.  Mais au nord nous avons cette conception que la femme est faite pour être à la maison à ne rien faire. Les femmes du nord sont un peu désinformées, elles ignorent beaucoup des choses de la vie  surtout celles qui sont aux villages.

Femme 2000: mot de la fin ?

Mme Hade Dicko : je remercie l’équipe Nyéléni Magazine pour l’effort que vous êtes entrainé de consentir pour les femmes du Mali en particulier et l’image de la femme en général. Je remercie mon mari Monsieur Dicko sans qui je n’aurai pu être là où je suis aujourd’hui, un homme qui ne m’a jamais privé de ma liberté et qui était toujours présent pour m’accompagner dans tous mes faits et gestes. Si chacun pouvait apporter son édifice au développement du pays, notre pays sera un joyau. En tant qu’une élué, je vous confie le lourd fardeau d’appeler nos autorités à s’impliquer davantage dans l’appui de nos sœurs du nord surtout ceux du monde  rural